22 mai béatification de Pauline Jaricot à Lyon

Dimanche 22 mai, Pauline Jaricot sera béatifiée lors d’une messe célébrée à 15h à Lyon-Eurexpo, transformé pour l’occasion en cathédrale. Elle sera présidée par le cardinal Luis Antonio Tagle, préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples.

Pas moins de 13.000 personnes sont attendues à Lyon le 22 mai pour assister à la béatification de Pauline Jaricot, laïque lyonnaise fondatrice de l’Œuvre de la propagation de la foi, qui deviendra par la suite les Œuvres pontificales missionnaires (OPM) à la demande du pape Pie IX en 1862. Son procès de canonisation a été lancé par Pie XI en 1926, et a abouti à la reconnaissance de ses vertus héroïques par Jean XXIII en 1963. Le 27 mai 2020, la Congrégation pour les causes des saints a annoncé la béatification de Pauline Jaricot après l’attribution d’un miracle, la guérison de Mayline Tran.

Une cinquantaine d’évêques français seront présents le jour de sa béatification, ainsi que 2.000 étrangers (les OPM comptant une centaine de délégations à l’étranger). Si vous ne pouvez pas vous y rendre, il est néanmoins possible de s’unir par la prière à la messe qui fera de la « mère des missions » la bienheureuse Pauline Jaricot.

Vous aurez la possibilité de suivre sa béatification en direct de Lyon sur KTO, dimanche 22 mai, à 15h.

Pauline Jaricot

  • Pauline JARICOT, petite biographie

Suite à la conférence de Mme Kathy CAMPAGNOLO à Notre Dame de Fresneau, voici une petite biographie sur Pauline-Marie JARICOT, figure de l’Église peu ou pas connue

Pauline JARICOT est née à Lyon, le 22 juillet 1799, dans une famille de soyeux lyonnais, profondément attachée à l’Eglise. Et c’est dans sa famille qu’elle entend parler des hauts faits des missionnaires. Sa vie s’écoule au cœur de Lyon, entre les paroisses de Saint Nizier et Saint Polycarpe, puis au pied de la chapelle Notre-Dame de Fourvière.

Elle connaît une enfance heureuse, imprégnée de l’affection et de la foi vive de ses parents et de ses frères et sœurs aînés. Les visites au St Sacrement et la Communion fréquente lui permettent très tôt une intimité avec le Seigneur. A l’adolescence, elle aime les plaisirs, les mondanités, l’élégance et se détourne de Dieu, lorsqu’un sermon de l’abbé Wurtz sur la vanité la bouleverse et va provoquer en elle une véritable conversion intérieure. Elle a alors 17 ans, et elle décide de consacrer toute sa vie au Seigneur . Elle se confesse, abandonne ses bijoux, s’habille comme une ouvrière. Noël 1816, elle fait vœu de chasteté dans la Chapelle de la Vierge de Fourvière à, tout en restant une laïque car qu’elle réalise qu’elle n’a pas la vocation religieuse.

Sa vie ne sera plus désormais qu’une longue montée vers Dieu. Elle puisera sa force dans la prière, l’Eucharistie, pour entreprendre ses multiples actions charitables, universelles, sans distinction de personnes. Âme de Feu, femme d’action, apôtre inlassable, elle prendra des initiatives audacieuses pour le service de l’évangélisation, pour une plus grande justice sociale, tout en redonnant, le goût de la prière. À la suite d’un appel intérieur en 1817, elle décide d’aider les pauvres et ceux qui souffrent. Pour cela Pauline recrute parmi les ouvrières de son quartier, des jeunes filles partageant son enthousiasme et fonde un groupe informel « Les Réparatrices du cœur de Jésus méconnu et méprisé ».

C’est alors qu’elle apprend par son frère Philéas, séminariste à Saint-Sulpice, que les Missions étrangères de Paris ont de sérieuses difficultés financières. Pour récolter de l’argent, Pauline et ses Réparatrices fondent une association structurée en dizaines, centaines et mille, chacun devant donner un sou par semaine pour la propagation de la foi chrétienne. C’est en 1822 que cette association devient officiellement la Propagation de la Foi, devenue aujourd’hui les Œuvres Pontificales Missionnaires. À la fin du xixe siècle, l’œuvre sera présente dans tous les pays de la Chrétienté. Ainsi Pauline Jaricot contribue au renouveau missionnaire. Entre 1819 et 1820, avec quelques amies parmi les ouvrières ou des proches, réunis par une vie de prière et d’actions charitables, elle imagine une collecte faite de la main à la main. C’est  ‘le sou de Pauline’ afin de recueillir les fonds nécessaires pour des missions. Elle met en pratique un plan basé sur le système décimal : des groupes de 10 personnes, chaque personne formant à son tour un autre groupe de 10 et ainsi de suite. Ce système s’étendra rapidement dans le monde et deviendra l’Association de la Propagation de la Foi, créée le 3 Mai 1822. En 1826, en réponse au Pape qui avait indiqué la défection de la France pour le Rosaire, Pauline Jaricot fait naître le Rosaire Vivant. Elle adopte un moyen analogue à celui de la Propagation de la Foi : 15 personnes, 15 mystères (aujourd’hui 20 mystères depuis que le Pape Jean- Paul II a ajouté les Mystères Lumineux) ; chaque associé récite une dizaine de chapelet en méditant un des mystères de la vie de Notre-Seigneur, avec l’intercession de Marie ; ce mystère est tiré au sort par une « zélatrice » responsable du groupe. Le Rosaire Vivant se répandra dans le monde entier jusqu’à nos jours. En 1835, avec le prêt de la somme correspondante donnée par un pieux notaire elle acheta le domaine « sis 24 montée Saint-Barthélemy »

Sérieusement malade du cœur, elle décide d’aller en pèlerinage à Mugnano, sur la tombe de sainte Philomène dont le culte restait encore controversé. Elle est d’abord reçue à Rome par le pape Grégoire XVI et lui demande si, au cas où elle reviendrait guérie, ce serait un miracle suffisant pour faire avancer la cause de la sainte. Le souverain pontife répond que oui, persuadé qu’il a affaire à une mourante et qu’il ne faut pas lui refuser cette consolation, comme il le confie en italien à des religieuses présentes.

Elle arrive à Mugnano après un voyage épuisant dans la chaleur du mois d’août. C’est la veille de la fête de la sainte et la foule des pèlerins se presse ; le lendemain, elle communie et défaille : on la croit morte mais elle reprend ses esprits et demande qu’on la porte jusqu’au tombeau de la sainte, et c’est alors qu’elle se trouve miraculeusement guérie. Après avoir passé quelques jours à Mugnano en prières de remerciements, elle retourne à Rome où le pape approuve son œuvre et lui donne sa bénédiction.

Le Curé d’Ars se serait alors écrié : « Ah !, mes frères, je connais, moi, une personne qui sait bien accepter les croix, des croix très lourdes, et qui les porte avec un grand amour. C’est Mlle Jaricot ».

En 1845, Pauline envisage de mettre en œuvre un plan évangélisation de la classe ouvrière. Elle achète une usine pour en faire un modèle d’esprit chrétien. Un bâtiment attenant loge les familles et à côté se trouvent une école et une chapelle. Mais mal conseillée et ayant confié la gestion à une personne malhonnête, très vite l’œuvre périclite . Elle engloutit toute sa fortune et passera le reste de ses jours dans la plus grande pauvreté, quêtant pour rembourser ses dettes. Ce sera son long chemin de Croix. En 1861, la maladie de cœur s’aggrave. Son union intime avec le Seigneur et son effacement humble lui permettront un acte de profond pardon. « Une pauvre qui n’a que Dieu seul pour ami, Dieu seul pour soutien…mais Dieu seul suffit ». Le 9 Janvier 1862, Pauline Jaricot meurt dans la misère et l’indifférence générale. Elle fut inhumée dans le caveau familial, au cimetière de Loyasse, avant que sa dépouille ne soit transférée en 1922 dans l’église Saint-Nizier, près de l’autel de la Vierge dans le transept sud. Quant à son cœur, il se trouve dans l’église Saint-Polycarpe.

C’est le 18 juin 1930 que Sa Sainteté Pie XI introduisait la cause de béatification de Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l’Œuvre de la Propagation de la Foi

Le pape Jean XXIII la déclare vénérable en 1963. Sa mémoire est fixée au 9 janvier.

A la suite de Pauline Jaricot  qui a nourri son énergie pour le service de l’évangélisation dans l’union à Dieu, elle nous engage à l’action, puisée dans la contemplation, dans l’intimité avec le Christ, et dans l’Eucharistie.

Prions pour qu’elle puisse être reconnue bienheureuse  et qu’ainsi parvenue à l’honneur des autels, son exemple serve l’Eglise tout entière à être missionnaire comme nous y invite le Pape François avec cette année dédié à la Mission.

Le Pape Léon XIII dira en 1881: « Par sa foi, sa confiance, sa force d’âme, sa douceur et l’acceptation sereine de toutes les croix, Pauline se montra une vraie disciple du Christ » .

 

  • Qui est Mayline Tran, la miraculée de Pauline Jaricot?

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JEFF PACHOUD / AFP

Mayline Tran à Lyon le 4 mai 2022.
Bérengère de Portzamparc – publié le 05/05/22

Le pape François reconnaissait le 26 mai 2020 comme authentique la guérison de Mayline, attribuée à l’intercession de Pauline Jaricot, ouvrant ainsi la voie à sa béatification, qui aura lieu à Lyon le dimanche 22 mai prochain. Mayline, âgée aujourd’hui de 13 ans, est venue rencontrer les Lyonnais.

Mayline Tran est une jolie jeune fille de 13 ans, à l’air sage et doux, proche de ses parents qui l’entourent avec affection. Une famille, non pas sans histoire, mais avec une miraculeuse histoire à raconter ! En effet, après une longue enquête sur la guérison inexpliquée de Mayline, l’Église a officiellement reconnu qu’il s’agissait bel et bien d’un miracle, attribué à Pauline Jaricot, permettant ainsi à cette figure lyonnaise du XIXe siècle de devenir bienheureuse le 22 mai prochain.

C’est à l’âge de 3 ans, alors que les parents organisaient un apéritif avec des amis, dans leur appartement de transit à Lyon, que Mayline s’étouffe et tombe dans un profond coma, aux conséquences jugées alors irréversibles par les médecins. Une maman de l’école va alors lancer une neuvaine à Pauline Jaricot pour la guérison de la fillette, et contre toute attente, alors que Mayline est transportée en ambulance à Nice, où ses parents emménagent pour leur nouveau travail, la petite fille va ouvrir les yeux avec une lueur pleine de vie. La rééducation va durer plusieurs mois et les moments de douleur et d’angoisse ne vont pas s’arrêter d’un coup, mais le miracle est là, Mayline ne restera pas dans un état végétatif mais au contraire, va se retrouver pleine de vie !

Aujourd’hui, Mayline a 13 ans. Après plusieurs années à Nice, de nouveau pour des raisons professionnelles, la famille Tran a emménagé à Annecy. Mayline est au collège, en sixième et fera sa profession de foi au mois de juin. Ne souhaitant pas s’adresser directement à la presse, c’est son papa qui raconte pour elle le miracle : « Mayline est consciente d’avoir été sauvée par Pauline Jaricot, et elle la découvre peu à peu, à son rythme. Bien que sa stabilité reste fragile, elle peut maintenant s’adonner à sa grande passion, l’équitation », raconte-t-il. « Les enfants perçoivent qu’il y a en elle quelque chose de différent, et elle s’est sentie parfois mise de côté. Elle qui déborde d’amitié et d’amour pour tous, apprend à dépasser cela et se fait progressivement de nouveaux amis. Mayline est sortie plus solide de cette épreuve ».

Le 22 mai prochain, jour de la béatification de Pauline Jaricot, Mayline apportera en procession une relique de la sainte, la croix que Pauline a reçu du saint curé d’Ars.